Octobre Rose n’est pas encore terminé, mais ma petite tournée, elle, est bouclée ! Cette année, j’ai eu la belle occasion de participer aux événements du Cap d’Agde, de Sérignan et de Villeneuve-lès-Béziers. Et j’avais envie de faire un petit retour.

Quel bonheur de pouvoir soutenir autrement, de sortir du salon et d’aller à la rencontre des gens. Des femmes et des hommes concernés par la maladie, mais aussi de ces agréables curieux qui découvrent mon travail et s’étonnent de voir des aréoles tatouées aussi réalistes. J’adore leurs réactions quand ils comprennent que oui, tout ça, c’est bien du tatouage !

Au salon, Octobre Rose, c’est toute l’année. Ce sont ces femmes qui ont vaincu la maladie et qui viennent se réapproprier leur corps avec cette dernière étape : celle de l’aréole ou du tatouage post-mastectomie. Ces événements, c’était aussi l’occasion de faire connaître mon savoir-faire, mais surtout de montrer que le cancer du sein, c’est aussi ça.

C’est un sein qui, après une ablation, ne retrouve pas forcément sa forme d’origine. Une poitrine marquée, des cicatrices, une aréole qui n’est plus là. C’est parfois continuer à voir la maladie chaque jour, même quand elle est derrière soi. On parle beaucoup de dépistage, de traitements, de guérison, et heureusement ! Mais pas assez de cet après-là, de ce qu’il reste à reconstruire quand les soins sont terminés.

Et puis il y a eu ceux qui regardaient de loin. Curieux, parfois avec une petite grimace. Est-ce que ce sont les tatouages qui dérangent ? Est-ce difficile de regarder un sein sans aréole, avec des cicatrices, avec ce côté moins drôle de la maladie ? Je n’ai pas la réponse. Mais c’est aussi pour ces personnes-là que je suis fière d’avoir participé. Parce que parfois, il faut remuer les mentalités, montrer ce qu’on préfère ne pas voir et rappeler que le tatouage peut aussi faire de belles choses.

Je ne prétends pas effacer la maladie ni réparer tout ce qu’elle a abîmé. Mais je sais ce que mon travail peut apporter à ces femmes : retrouver confiance, se réapproprier leur corps, se regarder autrement. Et si quelques personnes sont reparties en sachant qu’un tatouage pouvait aussi servir à ça, alors j’ai accompli ma petite mission !

Parce qu’au fond, ceux qui grimacent aujourd’hui seront peut-être ceux qui auront besoin de cette information demain. Pour eux ou pour quelqu’un qu’ils aiment. Et ce jour-là, ils sauront que ça existe, que c’est possible. Et que oui, la clown des réseaux, bien trop tatouée, peut aussi apporter un peu de soleil dans un ciel terni par la maladie.

Votre commentaire

Moi c’est Emilie

Tatoueuse Réparatrice 🖤
Bienvenue dans mon univers, entre Tattoo & Vraie vie. Bonne Visite !