Il y a des métiers qu’on aime bien. Et puis il y a ceux qui nous prennent aux tripes. Le mien fait clairement partie de la deuxième catégorie.

Je pourrais vous parler pendant des heures du tatouage réparateur, des sourires en fin de rendez-vous, de la confiance qu’on peut parfois redonner avec une machine à tatouer… Bref, de tout ce qui me fait courir au shop le matin. Parce que oui, j’y vais avec le sourire. Ce métier, je l’ai choisi. Je me suis battue pour l’avoir et je crois sincèrement que c’est le métier de ma vie.

Et pourtant, il y a des jours où je rentre en pleurant. Des jours où je respire mal dès le réveil. Des jours où rien que de savoir que je dois aller travailler me fragilise.

Et c’est ça qui est complètement injuste…

Parce que je veux y aller. Le projet est génial, la cliente est adorable, j’ai hâte de faire son tatouage. Tout est réuni pour passer une bonne journée.

Sauf que mon cerveau, lui, en a décidé autrement !

J’ai une phobie des interactions sociales. Les vraies interactions. Pas derrière un écran. Pas derrière une vidéo. Pas derrière un podcast. Les gens. Les vrais. Ceux qu’on regarde dans les yeux, qu’on touche, avec qui on passe plusieurs heures.

Oui… autant vous dire que j’ai choisi le métier parfait !

Parfois, il suffit que je me lève avec une petite tête de fatiguée, un peu mal à l’aise dans mes fringues, pas vraiment copine avec mon reflet dans le miroir ou contrariée de la veille… et bim. Mon cerveau décide que je verrai personne aujourd’hui. Que je ne parlerai à personne. Comme si rester à la maison devenait soudainement la seule bonne idée de la journée.

Sauf que ça ne marche pas comme ça. Parce que moi, j’ai envie d’aller taffer !

Le problème n’a jamais été mon métier. Le problème, c’est cette putain de phobie de merde.

Avec le temps, j’ai appris à la reconnaître. Il m’est même arrivé d’annuler des rendez-vous en pensant faire un burn-out. Avec le recul, je sais que ce n’était pas ça. C’était juste elle qui avait décidé de prendre toute la place.

Ce qui est quand même un peu ironique, c’est que le contact humain est la base de mon métier. Je passe mes journées à tatouer, écouter, rassurer, accompagner… Bref, tout ce que cette phobie déteste.

Heureusement, mes clientes qui me connaissent le savent. Elles savent que je ne fais pas la bise, que j’ai besoin de mon petit espace au début d’un rendez-vous. Et puis, au bout de quelques minutes, tout redevient normal. On discute, on rigole, on refait le monde… comme si cette phobie n’avait jamais existé.

Je ne sais pas si un jour elle disparaîtra complètement. En revanche, je sais une chose : Je refuse qu’elle décide de ma vie à ma place. Parce que ce métier, je l’aime beaucoup trop.

Alors certains jours, elle gagne un round. Mais le match… il est hors de question que je le lui laisse !

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Moi c’est Emilie

Tatoueuse Réparatrice 🖤
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